Le mont Athos, la forteresse de l’orthodoxie

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Les moines du mont Athos sont comme Atlas : ils soutiennent le monde par leurs prières. C’est en ces termes que Jean Cantacuzène (1292-1383), empereur devenu moine après son abdication, caractérise les moines du mont Athos. Le mont Athos est une des nombreuses saintes montagnes peuplées d’ermites que l’on trouve dans tout l’Empire byzantin — et la seule à avoir survécu. La montagne est transformée par la fondation du monastère de la Grande Laure au Xe s. par Athanase. Cette réforme monastique s’accompagne d’un renouveau spirituel qui fait du mont Athos un des cœurs du monde orthodoxe, avec des communautés monastiques bulgare, grecque, géorgienne, roumaine, russe, serbe, et même, pour un temps, italienne. Aujourd’hui, les 20 monastères qui constituent la Communauté monastique du mont Athos conservent leurs particularités, garanties par la charte de 1924, qui en fait un lieu à part, à l’accès réglementé, totalement interdit aux femmes, et où les moines, au milieu d’un patrimoine culturel exceptionnel, continuent de mener une vie de prière et de travail, rythmée par la liturgie des heures.


Votre conférencier :

Renaud Rochette, agrégé d’histoire et docteur en histoire, est responsable formation-recherche à l’Institut d’étude des religions et de la laïcité (École pratique des hautes études). Après une thèse sur le pouvoir impérial à Byzance à l’époque des Paléologues, ses recherches portent sur le christianisme, en particulier sur le monde orthodoxe. Il s’intéresse aussi aux éléments religieux dans les fictions spéculatives.


Les dates à retenir :

IXe siècle : présence attestée d’ermites.

963 : fondation de la Grande Laure (Lavra).

980-83 : fondation d’Ivirôn (géorgien).

Xe siècle : fondation de Zôgraphou (bulgare).

972 : premier typikon du mont Athos (organisation de la montagne).

1046 : deuxième typikon du mont Athos.

XIe siècle : fondation de Saint-Pantéléimon (russe).

1198 : fondation de Chilandar (serbe).

1341-1351 : controverse hésychaste.

1430 : L’Empire ottoman s’empare de la montagne et maintien ses statuts.

1821 : soutien à la guerre d’indépendance grecque.

1912 : intégration au Royaume de Grèce.

1924 : statut du mont Athos.

1988 : inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.


À lire pour aller plus loin :

Jean-Yves Leloup et Ferrante Ferranti, Mont Athos. Sur les chemins de l’infini, Paris, Philippe Rey, 2007.

Graham Speake, A History of the Athonite Commonwealth. The Spiritual and Cultural Diaspora of Mount Athos, Cambridge, Cambridge University Press, 2018.