L’exposition Vermeer au Rijksmuseum : une visite virtuelle

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Parmi les artistes les plus célèbres de tous les temps, le peintre Johannes Vermeer (1632-1675), autrefois appelé le « sphinx de Delft » en raison de sa singularité, fait l’objet ce printemps d’une exposition hors normes au Rijksmuseum d’Amsterdam. Des musées aussi prestigieux que le Louvre ou la Frick Collection de New York se sont prêtés au jeu, pour réunir le plus grand nombre de chefs-d’œuvre jamais rassemblés sous le même toit.

Presque aucun ne manquera à l’appel, de la Jeune fille à la perle (jusqu’au 30 mars) à la Vue de Delft. Peut-être ainsi parviendrons-nous enfin à faire toute la lumière sur les raisons de cet attrait mondial pour un peintre pourtant mort endetté, dans une relative obscurité…

Même lors des précédentes grandes expositions sur Vermeer (1632-1675), aucun musée n’était parvenu à réunir 28 tableaux sur les 37 qui lui sont a priori attribués parmi ceux qui sont parvenus jusqu’à nous. Dès la première semaine d’exploitation, le Rijksmuseum annonçait avoir vendu les 455 000 billets mis en vente pour ce qui promet d’ores et déjà de demeurer un ‘blockbuster’ historique. De nouveaux billets devraient être proposés à partir du 6 mars.

Mais dans le monde de l’après-Covid, s’agit-il de la dernière exposition de ce type ? Comment les conservateurs du Rijksmuseum s’y sont-ils pris pour assurer la qualité de l’expérience des visiteurs ?

Nous aborderons ces points, ainsi que bien sûr les dernières découvertes scientifiques et biographiques que les travaux préparatoires à cette exposition ont permis de révéler sur ce peintre majeur du « Siècle d’or » hollandais, et de la peinture occidentale dans son ensemble.


Votre conférencière :

Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et créatrice de contenus culturels. Elle est une collaboratrice régulière des revues Perspective de l’INHA, Beaux Arts Magazine et La Revue de l’art. Des séjours de longue durée à l'étranger (Milan et New York) lui ont permis de tisser des liens singuliers avec ces villes et leur culture. Elle a notamment travaillé au MAD Museum (Art et Design) et au New Museum de New York.


Les dates à retenir :

1632 : naissance de Johannes Vermeer à Delft.

1652 : mort du père de Vermeer, Reynier Jansz.

1653 : mariage avec Catharina Bolnes et conversion au catholicisme.

1653 : admis comme maître à la guilde de Saint-Luc de Delft.

1662 et 1670 : élu doyen de la guilde.

1672 : « Rampjaar » (année désastreuse), grave crise économique dans les Provinces-Unies.

1674 : mort du principal mécène de Vermeer, Pieter Clazsz Van Ruijven.

1675 : disparition de Vermeer, enseveli à Oude Kerk (Église vieille) à Delft.

1676 : déclaration de faillite par Catharina Bolnes.

1866 : articles de Étienne-Joseph-Théophile Thoré sous le pseudonyme William Bürger dans la Gazette des Beaux-Arts.


À lire pour aller plus loin :

Catalogue de l’exposition Vermeer, sous la dir. de Adriaan E. Waiboer, Blaise Ducos et Arthur K. Wheelock, Jr, Somogy et Louvre éditions, 2017.

L’Ambition de Vermeer, Daniel Arasse, éd. Adam Biro, 1993.

Vermeer, L’œuvre complet (catalogue raisonné), Karl Schütz, éd. Taschen, 2017.

Vermeer. La Fabrique de la Gloire, Jan Blanc, éd. Citadelles&Mazenod, 2016.

Vermeer, Gregor J.M. Weber, Pieter Roelofs, trad. en français à paraître, Hannibal Books, 2023.

Johannes Vermeer. Faith, Light and Reflection, Gregor J.M. Weber, éd. du Rijksmuseum, 2023.

La Jeune fille à la perle, Tracy Chevalier, trad. en français par Marie-Odile Fortier-Masek, éd. La Table ronde, 2000.