Monet et le temps, à l'occasion de l'exposition au musée de l'Orangerie

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Claude Monet (1840-1926) aimait à se lancer des défis : transcrire la luminosité d’une journée d’été, la brise légère dans les feuilles des arbres, la fuite des nuages dans un ciel d’automne, les reflets changeants sur l’eau… Peindre ces motifs insaisissables traduisant le temps qui passe fut sans doute l’obsession qui l’occupa le plus longuement et qui nous offre aujourd’hui parmi les plus belles œuvres impressionnistes.

Maître de la ‘Nouvelle Peinture’, Monet s’est attaché à rendre la modernité de sa peinture autant par sa touche innovante que par ses sujets mêmes – certains révélant les profondes mutations de ce 19e siècle finissant – et jusque dans sa façon de les aborder.

L’exposition que le musée de l’Orangerie lui consacre à l’occasion du centenaire de sa disparition revient sur ce rapport au temps, à sa quête du rendu de la lumière qui le mena à la capter au fil de la journée comme au fil des saisons, des paysages de bord de Seine aux immersions dans le jardin de Giverny, des harmonies claires à l’éclatement du motif des nymphéas 


Votre conférencière :

Nathalie Douay est historienne de l'art et conférencière nationale.


Les dates à retenir :

1840 : naissance à Paris le 14 novembre de Claude Monet dont la famille s’installe cinq ans plus tard au Havre en Normandie.

1857 : il dessine ses premières caricatures au Havre et s’y lie d’amitié avec Eugène Boudin qui l’initie à la peinture de plein-air.

1862 : après avoir fréquenté l’Académie Suisse à Paris où étudiait également Camille Pissarro, Claude Monet entre dans l’atelier de Charles Gleyre où il rencontre Frédéric Bazille, Auguste Renoir et Alfred Sisley. 

1866 : il se lie avec Édouard Manet et expose au Salon La Forêt de Fontainebleau, dans la lignée des peintres de l’école de Barbizon qu’il admire.

1870 : le Salon refuse d’exposer La Grenouillère, œuvre relevant de cette peinture nouvelle et spontanée dont il se réclame. Après la déclaration de guerre, il se réfugie à Londres avec son épouse Camille Doncieux et leur fils Jean. Il y découvre la peinture de William Turner. Il y retrouve Pissarro et rencontre le marchand Paul Durand-Ruel.

1874 : à la première exposition des futurs Impressionnistes, il expose Impression, soleil levant qui donnera son nom au mouvement. 

1877 : il entreprend de peindre la première de ses séries, celle des Gare Saint-Lazare. Il reprendra ce procédé novateur en 1892 avec Les Meules, Les Peupliers puis Les Cathédrales de Rouen. Durant ces années, il expose régulièrement avec le groupe des Impressionnistes et est reconnu comme un des chefs de file du mouvement. Bien que soutenu par le marchand d’art Paul Durand-Ruel, Monet connait de grandes difficultés financières s’ajoutant à la peine de perdre son épouse, Camille, en 1879.

1883 : il s’établit à Giverny où il commence à aménager son jardin afin qu’il inspire ses compositions et sa palette. 

Dans les années 1890, son art s’exporte aux États-Unis ; son œuvre s’étoffe de nouveaux sujets à travers les séries qui marqueront l’histoire de l’Impressionnisme. Alice Hoschedé s’installe avec lui à Giverny après leur mariage, dans la propriété qu’il vient d’acheter.

1899 : avec le Bassin aux nymphéas, Monet approfondit une série qui va devenir le sujet principal de sa peinture jusqu’à la fin de sa vie.

1904 : Monet voyage à Londres et renouvelle sa représentation des paysages brumeux ; en 1908, il se rend à Venise.

1912 : une double cataracte est diagnostiquée au peintre modifiant notablement son travail pictural. Il n’en est opéré qu’en 1923.

1915 : Monet se fait installer un atelier spécialement conçu pour les grandes toiles qu’il entreprend depuis l’année passée. Elles s’inspirent du bassin aux nymphéas. L’idée de cet ensemble de panneaux décoratifs est encouragée par Georges Clémenceau. En 1918, à l’Armistice, il les offre à la France. L’installation ne sera inaugurée qu’en 1927 dans les salles spécialement aménagées du musée de l’Orangerie, alors dénommé musée Claude Monet.

1926 : Claude Monet décède le 5 décembre à Giverny à l’âge de 86 ans. 


À lire pour aller plus loin :

Catalogue de l’exposition Monet, peindre le temps, éditions du musée de l’Orangerie et de Gallimard, 2026.

Anne Sefrioui, Monet, Éditions Hazan, 2020.

Daniel Wildenstein, Monet, catalogue raisonné en 4 volumes, Éditions Gilles Nerret, 1996.


Cette conférence est incluse dans le coffret de 16 visioconférences Les plus belles expositions de 2026.