Kyoto, ancienne capitale impériale

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Kyoto est une ville magique qui apparaît comme un condensé de la culture japonaise, flottante et déroutante. En japonais, Kyoto signifie la « capitale »  ce qu’elle fut durant plus de 1000 ans ! Fondée au VIIe siècle, dans une plaine protégée de montagnes, Kyoto est devenue la capitale impériale du Japon en 794 à l’époque de la dynastie des Heian (794-1185). En 1869, elle fut abandonnée au profit de Tokyo. Dès l’origine, son plan fut conçu selon un ordre géométrique et harmonieux composé d’un réseau dense d’avenues régulières s’entrecoupant pour former un gigantesque damier comparable à la capitale de la Chine Chang’an (Xian). Mais dès le départ Kyoto fut aussi une ville d’eau, traversée par la rivière Kamo, aux berges verdoyantes plantées - hier comme aujourd’hui - de vénérables cerisiers. Rapidement, Kyoto se dota d’une solide culture aristocratique et raffinée fondée sur les arts et les lettres. Une question se pose : si on a pu qualifier Kyoto de « Capitale des fleurs » ou encore de « Capitale de la paix et de la tranquillité » (Heiankyo) n’est-ce pas en partie car poésie, peinture, sculpture architecture, théâtre, cuisine et arts du thé et des jardins trouvèrent là une patrie ? Et c’est bien à Kyoto que fut composé au XIe siècle - par une dame d’honneur de la cour impériale - le « Dit du Genji » considéré par beaucoup comme le premier roman du monde et la quintessence de la littérature japonaise. En vérité, Kyoto fut bien davantage car durant plus d’un millénaire, c’est dans ses murs que l’empereur prit résidence, ce qui n’est pas rien dans la mesure où pour les Japonais l’empereur est l’intercesseur privilégié entre le pays et les divinités. La conséquence directe de ce privilège fut que Kyoto tout au long de sa longue histoire se couvrit d’un nombre faramineux de sanctuaires. Aujourd’hui encore, on y dénombre pas moins de 1600 temples bouddhistes et près de 400 sanctuaires shintoïstes sans compter d’innombrables jardins. Cette préservation est d’autant plus remarquable que la ville a connu des destructions à répétition durant la plus grande partie de son histoire. Et durant la Seconde Guerre Mondiale, Kyoto aurait dû disparaître définitivement sous les bombardements. Mais finalement on décida de laisser vivre Kyoto. Une décision motivée par le fait - dit-on - qu’il aurait été impossible de renouer avec le Japon après la guerre si Kyoto, ville unique et surnaturelle, avait été rayée de la carte ! Ainsi Kyoto offre l’exemple unique et réjouissant d’une ville sauvée de la folie guerrière grâce à la richesse de son patrimoine ! Aujourd’hui encore, la ville continue de bénéficier d’un prestige supérieur à son poids politique et économique. Et étant donné la place qu’elle occupe dans l’imaginaire collectif de la société japonaise, on peut penser que si Tokyo est la capitale de fait, Kyoto reste bel et bien la capitale de coeur de l’archipel nippon. Quant à l’écrivain Nicolas Bouvier dans « Chroniques japonaises » il estimait que Kyoto était « au nombre des dix villes du monde où il vaille de vivre quelques temps » … ou une éternité.


Votre conférencier :

Diplômé de l’École du Louvre et de l’université Paris-IV-Sorbonne, Fabrice Delbarre est Guide conférencier-national.


À lire pour aller plus loin :

Yasunari Kawabata, Kyoto, Livre de Poche, 1987.

Allen S. Weiss, Le goût de Kyoto, Mercure de France, 2013.


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Fabrice Delbarre
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