L’histoire du Québec et de la Nouvelle France : ponts entre la France et le Canada
L’histoire du Québec commence avec la Nouvelle-France, fondée au début du XVIIᵉ siècle autour du fleuve Saint-Laurent, véritable axe de peuplement et de circulation. La création de Québec par Samuel de Champlain en 1608, l’organisation du territoire selon le régime seigneurial et les alliances – souvent fragiles – avec les nations autochtones structurent durablement la société coloniale. La guerre de Sept Ans, la défaite française et le Traité de Paris de 1763 marquent une rupture politique majeure, mais non une disparition culturelle. L’Acte de Québec de 1774, en reconnaissant le droit civil français et la liberté religieuse, permet la survie d’une société francophone qui s’adapte au cadre britannique tout en conservant ses repères fondamentaux.
Au XIXᵉ siècle, l’histoire du Québec s’inscrit dans un contexte de tensions et de recompositions. Les Rébellions de 1837-1838, la montée du nationalisme canadien-français et, plus tard, la Confédération de 1867, témoignent d’une volonté d’affirmation politique et culturelle. Les liens avec la France prennent alors une forme plus intellectuelle et symbolique : références littéraires, modèles éducatifs, circulation des idées. Le Vieux-Québec, les églises paroissiales, les institutions comme le Séminaire de Québec ou encore l’influence du droit français rappellent la profondeur de cet héritage, tandis que la culture québécoise développe progressivement ses propres formes d’expression, entre tradition et modernité à l'instar de l’œuvre de Louis-Antoine Dessaulles
Au XXᵉ siècle, la Révolution tranquille marque un moment décisif dans l’histoire du Québec, avec une redéfinition profonde du rapport à l’État, à la langue, à la religion, et à la culture. Cette période s’accompagne d’une relecture du passé et d’une affirmation accrue de la spécificité québécoise, dont le désir d’indépendance constitue l’une des expressions politiques majeures. Les débats autour de la souveraineté, les référendums de 1980 et de 1995, ainsi que la place centrale accordée à la langue française, s’inscrivent dans une continuité historique où la mémoire de la Nouvelle-France et la survivance culturelle prennent un sens nouveau. La valorisation du patrimoine devient alors un enjeu essentiel : protection du Vieux-Québec classé à l’UNESCO, mise en valeur de l’Île d’Orléans, développement de musées comme le Musée de la civilisation. Parallèlement, le patrimoine immatériel s’affirme comme un pilier de l’identité québécoise contemporaine. La langue française, la chanson, la littérature, les traditions populaires et la mémoire collective nourrissent un sentiment d’appartenance fort, au cœur des débats sur l’avenir politique du Québec. Ainsi, l’histoire du Québec apparaît comme un processus de longue durée, fait de continuités et de ruptures, où l’héritage de la Nouvelle-France, les transformations de la société moderne se répondent et se réinterprètent sans cesse.
Votre conférencier :
Après une formation universitaire en histoire et en socio-anthropologie, Arnaud Hédouin se consacre à l'activité de guide-conférencier. À ce titre, il accompagne des groupes à l'étranger depuis plus de vingt ans avec l'ambition de faire découvrir l'histoire, la culture mais aussi les structures sociales des pays visités.
Cette conférence vous est proposée en partenariat avec Bonjour Québec, l'Office du Tourisme du Québec.