Femmes des années folles

Image représentant la conférence  Femmes des années folles

Les années « folles » décrivent bien l’ivresse de la joie retrouvée après des années de guerre particulièrement éprouvantes. Mais ces années sont aussi dites « folles » car la société de l’époque connaît un bouleversement à laquelle elle n’était pas préparée : pendant la guerre, les frères et les époux se trouvant éloignés au front pour livrer une impitoyable guerre des tranchées, les femmes avaient dû en leur absence investir massivement le marché du travail, goûtant par la même occasion à une émancipation enivrante. Désormais, elles conduisent, fument, pratiquent différents sports avec succès et s’adonnent à des activités traditionnellement considérées comme viriles.

Si la chambre des députés débat pour la première fois du vote des femmes en 1919, le chemin de l’émancipation juridique était encore long. Pourtant, de nombreuses figures d’artistes, d’intellectuelles, d’écrivaines n’ont pas manqué de défrayer la chronique et de bouleverser les représentations de la femme pendant ces années, parmi lesquelles Joséphine Baker, Lee Miller, Claude Cahun, Gertrude Stein, Marie Laurencin et bien d'autres.

Comme par une sorte d’intuition collective et tacite, ces femmes issues de milieux sociaux extrêmement divers ont su chacune dans sa situation donnée rebattre les cartes et conquérir de nouveaux territoires. Nous verrons comment les muses se sont émancipées de leur pygmalion, et quels territoires, comme la photographie, ont été particulièrement féconds pour cet envol.


Votre conférencière :

Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et créatrice de contenus culturels. Elle est une collaboratrice régulière des revues Perspective de l’INHA, Beaux Arts Magazine et La Revue de l’art. Des séjours de longue durée à l'étranger (Milan et New York) lui ont permis de tisser des liens singuliers avec ces villes et leur culture. Elle a notamment travaillé au MAD Museum (Art et Design) et au New Museum de New York.


Les dates à retenir :

1918 : fin de la Première Guerre mondiale et retour des « gueules cassées ».

1919 : la Chambre des députés débat pour la première fois du vote des femmes et se prononce en faveur de l’égalité politique des sexes. Opposition du Sénat.

1919 : l’Américaine Sylvia Beach ouvre à Paris sa librairie Shakespeare and Company.

1921 : Chanel lance son N°5.

1922 : publication du roman La Garçonne de Victor Margueritte.

1924 : 1er manifeste du Surréalisme.

1926 : La petite robe noire créée par Gabrielle Chanel est saluée par la presse.

1929 : Virginia Woolf publie un essai intitulé Une chambre à soi.

1930 : 2ème manifeste du Surréalisme.



À lire pour aller plus loin :


Qui a peur des femmes photographes ? (2015), catalogue d’exposition, Orangerie et musée d’Orsay.

Le Surréalisme au féminin (2019), documentaire, Maria Anna Tappeiner.

Magic Mirror (2013) et Confessions to the mirror (2017), documentaires sur Claude Cahun, Sarah Pucill.

Les Années folles, 1919-1929 (2007), catalogue d’exposition, Palais Galliera.

Virginia Woolf, biographie, Quentin Bell, 1972-74.

Paris est une fête, Ernest Hemingway, 1964.

Shakespeare & Co, Sylvia Beach, 1956.

La Féminité en tant que mascarade, Joan Rivière, 1929.