Le musée Guggenheim de New York, ultime œuvre de Frank Lloyd Wright

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03_Architecture contemporaine

En 1959, à New York, à l’angle de la 89e rue et de la Cinquième avenue et à deux pas de Central Park est inauguré le Musée Guggenheim destiné à recevoir la fabuleuse collection d’art moderne du richissime Solomon Guggenheim. L’industriel a pour conseillère depuis quelques années Hilla von Rebay une peintre allemande spécialiste de l’art non figuratif. C’est la nécessité de trouver un nouveau foyer permanent pour accueillir la collection qui avait porté Rebay à chercher en 1943 l’architecte capable de réaliser ce qu’elle décrivait comme un « temple de l’esprit » qui soit « raffiné, organique et sensible à l'espace ». Après avoir pensé au Corbusier ou encore à Walter Gropius, son choix s’arrêta sur Frank Lloyd Wright. Âgé alors de 76 ans, Wright était une légende vivante de l’architecture, admiré par ses pairs. C’était aussi un architecte réfractaire au classicisme, anticonformiste et dynamiteur, un apôtre du chaos créateur ! Une longue bataille va alors débuter et l’activité déployé par Wright autour de ce projet de musée durant près de 17 ans montre clairement qu'il considéra le Guggenheim comme l'une des réalisations les plus importantes de sa longue carrière. Rappelons que le mantra de Wright fut l’architecture organique c’est-à-dire l’idée que la fonction de l’architecture est d’organiser des espaces de vie en harmonie avec la nature. A ce titre, l’arrivée à New York fut bel et bien un événement pour cet homme qui nourrissait une haine obsessionnelle pour l’urbain et pour cette ville qu’il voyait comme une « étagère sans âme ». Mais Wright l’iconoclaste se mit à l’ouvrage avec détermination et proposa un édifice spectaculaire qui différait radicalement des musées traditionnels. A cette époque lorsqu’il évoque son musée, Wright parle d’une « ziggourat optimiste », qui de l’extérieur se présente comme une spirale ascendante qui va en s’élargissant, en dessinant des bandes de béton massif blanc et nu. Sobriété et élégance du béton. Pour l’intérieur Wright décrit une rampe hélicoïdale de six étages courant autour d’un large atrium ouvert et éclairé par une coupole de verre. Certains compareront le bâtiment à un coquillage, d’autres à un ressort ! Mais c’est moins devant la structure du Guggenheim que devant le procédé d'exposition des toiles - comme suspendues à la paroi extérieure - qu’un groupe d’artistes - et pas des moindres - dénoncera un architecte « inadapté à une présentation sympathique de peintures et de sculptures ». Un argument de peu de valeur pour Wright convaincu que l’architecture était bien supérieure à la peinture. Finalement, comme pour le Centre Pompidou à Paris, avec le temps, le bâtiment sera accepté par le public et même plébiscité. Le Guggenheim est aujourd’hui une des icônes de New-York - au même titre que l’Empire State Building - et c’est aussi un bâtiment-phare de l’architecture du XXe siècle. Mais de ce succès final et total, Frank Lloyd Wright n’a rien vu, il s’éteignit 6 mois avant l’inauguration de son œuvre ultime.


Votre conférencier :

Diplômé de l’École du Louvre et de l’université Paris-IV-Sorbonne, Fabrice Delbarre est Guide conférencier-national.


Les dates à retenir :

1867 : naissance de Frank Lloyd Wright dans la petite ville de Richland Center dans le Wisconsin. Son père était un pasteur baptiste.

1887 : il s’installe à Chicago où il rejoint l’agence de Louis Sullivan un des ténors de l’École de Chicago.

1889 : il épouse Catherine Lee Tobin dont il aura 6 enfants.

1893 : Wright découvre l’architecture japonaise lors de l’Exposition universelle de Chicago et se met à son compte.

1894 : réalisation des « Prairies Houses » (« maisons de la prairie ») et émergence du concept d’architecture « organique ».

1909-1911 : Wright quitte les Etats-Unis et voyage en Europe où il rencontre les fondateurs du Bauhaus.

1934 : début de la construction des « Usonian Homes », des pavillons pratiques destinées à la classe moyenne.

1936 : il réalise la « Falling Water » (la « maison sur la cascade ») dans le Wisconsin, illustration accomplie de l’esprit « organique ».

1943- 1959, Wright réalise le Musée Solomon R. Guggenheim à New-York. 

1959, le 09 avril : mort de Frank Lloyd Wright.

 

 À lire pour aller plus loin :

Cosey, Une maison de Frank Lloyd Wright, Dupuis, 2003 (Bande dessinée).

Mac Carter, Frank Lloyd Wright, Phaidon, 2002.

Bruce Brooks Pfeiffer, Frank Lloyd Wright, Taschen, 2024.


vendredi 9 janvier 2026 à 10:00

Fabrice Delbarre

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