Berthe Weill, galeriste d'avant-garde, à l'occasion de l'expo au musée de l’Orangerie

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02_Histoire de l’art

Que seraient devenus Amedeo Modigliani, Pablo Picasso, Henri Matisse, Suzanne Valadon, Raoul Dufy ou Jaqueline Marval sans l’engagement de marchands d’art à leurs côtés dans l’affirmation d’une nouvelle modernité ? Berthe Weill a joué un rôle incontournable dans cette aventure auprès de plus de 300 artistes qu’elle a défendu, selon le mot d’ordre inscrit sur sa carte de visite : ‘Place aux jeunes !’. À l’occasion de l’exposition présentée au musée de l’Orangerie, je vous propose de découvrir un pan mal connu de l’aventure de l’art moderne à travers la personnalité, les engagements et les choix de Berthe Weill qui, envers et contre tout, aura organisé des centaines d’expositions, cruciales pour l’émergence des avant-gardes du XXème siècle. 

Conférence préenregistrée.


Votre conférencière :

Nathalie Douay est historienne de l'art et conférencière nationale.


Les dates à retenir :

1865 : naissance à Paris le 20 novembre dans une modeste mais nombreuse famille juive de Berthe Weill. 

1880 : elle entre en apprentissage auprès du marchand d’estampes et de tableaux Salvator Mayer. A sa mort, elle décide de s’installer à son compte.

1897 : elle ouvre une boutique d’antiquités et d’objets d’art au 25 rue Victor-Massé.

1901. Berthe montre un intérêt grandissant pour la peinture des jeunes artistes. Aidée par l’agent catalan Pere Manach auquel elle s’associe quelques mois, elle transforme son commerce en la Galerie B. Weill, inaugurée le 1er décembre. 

1917 : elle s’endette pour déménager son activité au 50 rue Taitbout, dans un espace plus grand mais vétuste qu’il faut rénover. Elle y présente la seule exposition monographique consacrée au travail de Modigliani de son vivant. 

1920 ! la galerie déménage au 46 rue Laffitte, dans un très grand espace avec un étage. Sa situation financière devient progressivement confortable.

1921-1926 : le rythme des expositions s’intensifie. La 100ème exposition a lieu en février, puis, en novembre, parait le premier Bulletin de la Galerie B. Weill. A partir de 1925, elle présente ses artistes (parfois 70) à travers une exposition collective et thématique. La Galerie B. Weill fête ses noces d’argent – 25 ans d’activité – le 28 décembre 1926.

1931 : Berthe Weill fête en décembre 1931, le jubilé des 30 ans d’activité de sa galerie par un bal costumé. A cette occasion, elle organise une exposition de près de 100 artistes qu’elle a présenté depuis ses débuts.

1933 : elle publie ses mémoires sous le titre évocateur : Pan ! dans l’œil … ou Trente ans dans les coulisses de la peinture contemporaine (1900-1930) .

1934-1940 : la nouvelle Galerie B. Weill est inauguré en 1934 au 27 rue Saint-Dominique. La dernière exposition identifiée à la galerie a lieu en mai 1940.

1941 : Berthe Weill ne pourra empêcher la fermeture définitive de la galerie du fait de la loi d’aryanisation obligeant les marchands juifs à cesser leurs activités. Elle se cache ensuite, vraisemblablement dans l’atelier d’Emilie Charmy.

1946 : la Société des amateurs d’art et des collectionneurs organise une vente aux enchères publiques en faveur de la marchande en mauvaise santé et devenue très pauvre. 

1948 : elle est décorée de la Légion d'honneur peu avant une exposition Hommage à Berthe Weill à l'Akadémia Duncan à Paris.

1951 : le 17 avril, Berthe Weill meurt à son domicile de la rue Saint-Dominique, à l’âge de 85 ans.  


A lire pour aller plus loin :

Marianne Le Morvan, Berthe Weill, Marchande et mécène de l’art moderne, éditions Flammarion, 2025.

Catherine Gonnard & Elisabeth Lebovici, Femmes/artistes, artistes femmes. Paris, de 1880 à nos jours, éditions Hazan, 2007.


jeudi 1 janvier 2026 à 18:00

Nathalie Douay

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