Onsen : l’art ancestral du bain à la japonaise

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01_Histoire

Dès l'aube de leur histoire, les Japonais se sont adonnés aux plaisirs du bain, tout comme les Romains dans leurs thermes. Les Occidentaux en ont cependant longtemps oublié l'usage, tandis que les Japonais n'y ont jamais renoncé, développant même un véritable art du bain. Leur archipel volcanique compte plus de 26000 sources chaudes qui, au hasard des phénomènes géothermiques, jaillissent au pied des montagnes, au cœur des forêts ou au bord de l'océan, emplissant de leurs eaux bienfaisantes le creux des rochers. Dotés de ces « baignoires naturelles », les Nippons ont très tôt attaché une grande valeur à l'hygiène et à la détente. Au fil du temps, ils les ont aménagées, y ont construit des auberges, puis des villages entiers, jusqu'à former des onsen. Le bien être qu’en tirent les curistes, ne se limite pas à une simple thalassothérapie. Intimement liés à la culture japonaise, les onsen sont, avant tout, des havres de paix d'un Japon ancien quasi inchangé où les Nippons aiment à venir se ressourcer.

 

Votre conférencier :

Lionel Crooson, journaliste, écrivain, japonisant et grand voyageur, partage son temps entre Tokyo, l’île de Bornéo, la Grèce et Paris. De ses pérégrinations à travers le monde il a tiré, pour le National Geographic et Les Cahiers de Science & Vie, de nombreux articles sur l’histoire, l’archéologie, l’anthropologie et les civilisations asiatiques. Il est également l’auteur de Hasekura, Journal d’un samouraï au Vatican (1611-1620), éd. Synchronique 2025.

 

Les dates à retenir :

ve siècle avant Jésus‑Christ : émergence du shintō avec ses rites de purification dans les torrents, cascades et mers.

huitième siècle : le sûtra Unjitsu-gyō vante les mérites des bains chauds pour les bonzes.

713 : les onsen sont mentionnés dans un rapport destiné à l’impératrice Genmei.

720 : les onsen sont évoqués dans le Nihon-shoki, ou Chroniques du Japon.

733 : remise à la Cour d’un rapport officiel sur les vertus curatives de la source de Tamatsukuri.

759 : les sources Dōgo Onsen sont évoquées dans le Man'yōshū, plus ancien recueil de poésie japonais.

seizième siècle : les séjours d’une semaine en station thermale deviennent très appréciés.

1604 : le shogun Tokugawa Ieyasu se retire une semaine aux sources chaudes d’Atami.

dix-huitième siècle : le médecin Gotō Konzan (1659‑1733) promeut les onsen en tant que thérapie.

1868 : sous l’influence de l’Occident, le gouvernement de Meiji interdit la mixité aux bains.

1994 : le pavillon principal de Dōgo Onsen est désigné Bien culturel national important.


À lire pour aller plus loin :

Stéphanie Crohin-Kishigami, Sento, l'art des bains japonais, éditions Sully, 2020.

Lionel Crooson, Hasekura, Journal d’un ambassadeur au Vatican, éd. Synchronique, 2025.

Yasunari Kawabata, Les Servantes d’auberge, Le Livre de Poche, 1993.

Yasunari Kawabata, Pays de neige, Le Livre de Poche, 1982.

Léonard Koren & Suehiro Maro, L’art du bain japonais, éditions Le Lézard Noir, 2004.

Akira Mizubayashi, Dans les eaux profondes, le bain japonais, éditions Arléa, 2018.

Yoshifumi Miyazaki, Shinrin Yoku - Les Bains de Forêt, éditions Guy Trédaniel, 2018.

Benoît Reiss & Anne Leloup, O’Yu, un éloge de l’eau chaude, éditions Esperluète, 2021.

Natsume Sōseki, Botchan, éditions du Rocher, 2013.

Mari Yamasaki, Thermæ Romæ (5 tomes), éditions Casterman, 2012.


jeudi 5 mars 2026 à 10:00

Lionel Crooson

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