Deux des plus belles galeries du monde : la Galleria Vittorio Emanuele II à Milan et la Galleria Umberto I à Naples

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« Lieu somptueux et splendide », « salon », « vaste bazar », « hall de palais fantastique » tels sont les qualificatifs utilisés par les journalistes en 1878 lors de l'inauguration à Milan de la Galleria Vittorio Emanuele II. En soi la construction de galeries n’était pas une nouveauté car l’idée de bâtir des espaces commerciaux tout en longueur mais couverts afin d'abriter une clientèle aisée des intempéries remontait à 1786 avec la construction des galeries du Palais-Royal à Paris. Ce phénomène allait prendre cependant un essor particulier dans le deuxième quart du XIXe siècle mais on parlait alors plutôt de « passages ». En 1860, l’Italie proclame son unité. Avec l’acquisition de cette nouvelle liberté, la question de l’urbanisme va devenir un enjeu politique majeur pour le jeune Royaume d’Italie. Les grandes cités de la péninsule de Milan à Gênes en passant par Naples substituèrent alors aux passages souvent luxueux mais modestes en taille des structures d’une envergure colossale : les galeries. Par leur monumentalité et par leur perfection technique ces galeries peuvent être considérées à la fois comme les vitrines du triomphe de la bourgeoisie, des prémices de la société de consommation et de la renaissance de l’Italie. Ainsi, à Milan, face à la cathédrale sortit de terre un temple en forme de croix flanqué de sept étages et couronné par une coupole comparable à celle de Saint-Pierre de Rome : la Galleria Vittorio Emanuelle II. A Naples peu après, face au prestigieux Théâtre San Carlo, on construit une structure comparable à celle de Milan mais avec une coupole encore plus haute : la Galleria Umberto I. A Naples comme à Milan le fer, la fonte, le verre et le stuc fusionnent avec des décorations triomphales associant la Rome antique et la Renaissance : colonnettes, balustrades, rosaces et victoires couvrirent les façades. Pas de doute, la galerie était bien une cathédrale d’un nouveau genre, laïque et bourgeoise entièrement vouée au culte de la marchandise et à une nouvelle religion, le progrès. Mais ne fut-elle pas davantage ? Un lieu de sociabilité exceptionnel, une immense ruche avec ses magasins, ses bureaux, ses cafés, le lieu des flâneurs et de la mixité sociale et culturelle, voilà ce qu’elle fut encore. Pour l’écrivain milanais Luigi Capuana cela ne fait aucun doute, la galerie « c’est le cœur de la ville. La foule s’y presse de toute part, continuellement, suivant les circonstances et les heures de la journée. Elle se déverse depuis ses quatre embouchures – j’allais dire dans l’aorte et les artères du grand organisme, tant sa ressemblance avec les fonctions du cœur est évidente. » Vraiment ? Pour nous en convaincre partons à Milan et à Naples à la découverte de deux des plus belles galeries du monde.


Votre conférencier :

Diplômé de l’École du Louvre et de l’université Paris-IV-Sorbonne, Fabrice Delbarre est Guide conférencier-national.


vendredi 19 juin 2026 à 10:00

Delbarre Fabrice66

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