Lyon, capitale du crime (1890 - 1935)

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01_Histoire

Réputée ville rebelle depuis la Révolution française, Lyon traîne également la mala fama de cité dangereuse, sa population ouvrière grouillant en ce début de XIXème siècle. Quoi de plus logique qu’elle soit le théâtre de nombreux crimes et, partant, de colossaux efforts pour y mettre fin. Ce combat sans fin entre délinquance et répression constitue le cœur de l’ouvrage d'Amos Frappa, Lyon capitale du crime. Chacune des douze affaires dont il est question traite tout à la fois des mécanismes criminels que de l’inventivité policière ayant permis de les mettre en échec. Aucune d’entre elle n’a fait l’objet d’un traitement historique d’ampleur, le choix de l’auteur s’étant sciemment porté sur les pépites jusqu’alors insoupçonnées des archives judiciaires lyonnaises. Derrière la figure bien connue du tueur en série Joseph Vacher – héros du film Le juge et l’assassin de Bertrand Tavernier – le lecteur verra donc se dessiner la silhouette de Luigi Richetto, cordonnier italien du quartier de la Guillotière passé maître dans l’art du dépeçage. Il ne s’agit toutefois pas de compiler les portraits sordides ayant animé la vie judiciaire lyonnaise de la fin du XIXème au début du XXème siècle. Une démonstration plus globale donne de la chair à l’ensemble, permettant d’explorer des thèmes comme la place des femmes dans l’univers de la délinquance, celle des animaux, les us et coutumes des criminels ou encore la persistance de cold cases. Une mise en perspective nationale et internationale est également opérée car l’histoire lyonnaise s’inscrit bien évidemment dans un cadre plus large, ce qui permettra au lecteur d’explorer entre autres l’univers colonial. Enfin, des multiples focus biographiques et techniques permettent de parachever le tableau de la justice de l’entre-deux-siècles. Avec quelques surprises notables, telle la découverte que la morphoanalyse des traces de sang, réputée récente et américaine, fait déjà l’objet d’expérimentation dans le Lyon des années 1920.


Votre conférencier :

Docteur et agrégé en histoire, Amos Frappa est rattaché au CESDIP à Paris et au centre de recherche de l’ENSP à Lyon, enseignant par ailleurs à l’Ecole nationale de police scientifique. Ses travaux portent sur la déviance et sa répression.


Les dates à retenir :

1886 : le professeur de médecine légale lyonnais Lacassagne fonde la revue des Archives de l’anthropologie criminelle, référence mondiale sur la criminologie.

1889 : avec l’affaire de la Malle à Gouffé, Lyon est désormais scrutée par les médias français.

1893 : à Paris, Bertillon prend la tête de l’Identité judiciaire, un modèle pour Lyon.

1907 : Clemenceau installe les brigades du Tigre, nouvel instrument de lutte contre le crime.

1910 : Edmond Locard fonde à Lyon ce qui serait le premier laboratoire de police scientifique mondial.

1914 : l’exposition internationale de Lyon, juste avant la guerre, révèle au monde les techniques d’enquête lyonnaises.

1927 : Marseille se dote d’un laboratoire de police scientifique sur le modèle lyonnais.

1928 : Alger se dote d’un laboratoire de police scientifique sur les modèles lyonnais et parisien.

1929 : Locard co-fonde l’Académie internationale de criminalistique, sorte d’ancêtre de l’Interpol.


À lire pour aller plus loin :

Amos Frappa, Alexandre Lacassagne, médecine du crime, Fage, 2019.

Amos Frappa, Par l'encre et le sang. Histoire de la police scientifique française, Afitt, 2023.

Amos Frappa, Edmond Locard. Le fondateur de la police scientifique, Afitt, 2024.

Amos Frappa, Histoire du premier tueur en série français. Martin Dumollard, Afitt, 2025.


vendredi 10 avril 2026 à 10:00

Amos Frappa

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