Charlemagne, l'Empire chrétien

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01_Histoire

Le 28 janvier 814, Charlemagne meurt d’une pleurésie contractée au cours d’une chasse. Jusqu’à la fin de sa vie, le grand Charles aura vécu à cheval. On le dépose dans un sarcophage antique, lequel est enterré dans l’église qu’il vient de faire construire à Aix-la-Chapelle. L’épitaphe latine salue « Charles, grand et orthodoxe empereur, qui étendit glorieusement le royaume des Francs et le gouverna avec bonheur pendant quarante-sept années ». Cette sépulture est à l’image du règne. L’homme enterré là s’est paré du titre d’empereur romain, mais il aura surtout été un roi des Francs. Ce pouvoir a été acquis de haute lutte. Lorsque Charlemagne naît, sans doute le 2 avril 748, son père, Pépin le Bref, n’est que maire du palais. Du coup d’État de 751 aux grandes révoltes des décennies 780 et 790, la vie de Charles a été extrêmement agitée ; son pouvoir n’a cessé d’être contesté. Pourtant, l’Europe moderne choisit de voir dans le règne de Charlemagne comme un âge d’or où l’aristocratie aurait été unie sous la bannière d’un souverain victorieux et où les arts et les lois auraient prospéré à l’ombre des églises. Ce mythe reste d’autant plus vif qu’il remonte loin dans le temps. Quelques décennies après sa mort, l’empereur Charles était déjà devenu une icône : « Carolus Magnus » en latin, Charlemagne en français. Pendant tout le IXe siècle, les auteurs rivalisèrent d’ardeur pour raconter son règne, ses conquêtes ou la perfection de son administration. Cette floraison de récits sur le « bon vieux temps » ne constitue pas la preuve du succès de Charlemagne ; elle témoigne simplement de l’échec politique de son fils et de la plupart de ses descendants. Telle est peut-être la véritable histoire de l’empereur, celle d’un homme dont ses réussites personnelles furent nombreuses et indiscutables, mais dont le pouvoir reposait sur une telle somme d’hypothèques que sa succession s’avéra impossible à gérer.


Votre conférencier :

Bruno Dumézil est professeur en Histoire médiévale à Sorbonne Université ; professeur à l’École Polytechnique.


Les dates à retenir :

768 : Mort de Pépin le Bref et avènement de Charles (Magne) et de Carloman.

771 : Mort de Carloman. Règne unique de Charles.

772 : Pillage du sanctuaire saxon de l’Irminsul.

774 : Prise de Pavie. Charles roi des Lombards.

778 : Expédition d’Espagne et défaite de Roncevaux.

789 : Publication de l’Admonitio generalis.

800 : Couronnement impérial de Charles à Rome (25 décembre).

806 : Premier projet de partage de la l’Empire.

814 : Mort de Charlemagne. Louis le Pieux empereur.

888 : Mort de Charles le Gros, dernier empereur carolingien.

1165 : Canonisation de Charlemagne organisée par Frédéric Ier Barberousse.


A lire pour aller plus loin :

Alessandro Barbero, Charlemagne, Un père pour l’Europe, Paris, 2004.

Jean Favier, Charlemagne, Paris, 1999.

Robert Folz, Le couronnement impérial de Charlemagne, 25 décembre 800, Paris, 1989.

Stéphane Lebecq, Les origines franques, Ve-IXe siècle, Paris, 1990.

Robert Morrissey, L’empereur à la barbe fleurie, Charlemagne dans la mythologie et l’histoire de France, Paris 1997.

Pierre Riché, Écoles et enseignement dans le haut Moyen Âge, Paris, 1989.


mercredi 9 février 2022 à 10:00

Bruno Dumezil

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