Zurbarán (1598-1664), à l'occasion de l'exposition au musée du Louvre
Visant à dépasser l’image traditionnelle du peintre austère et caravagesque, l’exposition magistrale proposée par le Louvre permet de redécouvrir Zurbarán dans toute la diversité et la singularité de son œuvre. Réunissant 65 tableaux, dont 50 de l’artiste, elle constitue la première grande présentation internationale de son œuvre depuis près de quarante ans.
Le rassemblement exceptionnel de ces peintures permet de mesurer la force plastique d’un artiste dont les compositions se distinguent par la simplification des formes, la monumentalité des figures et un naturalisme d’une intensité saisissante. Les grandes peintures religieuses, réalisées pour les couvents et monastères andalous, occupent une place centrale, mais l’exposition permet également de redécouvrir ses portraits et ses natures mortes, où s’exprime une attention tout aussi remarquable aux textures, aux matières et à la présence silencieuse des objets.
Le parcours donne également une place particulière à Juan de Zurbarán, fils du peintre, dont la production brève et raffinée permet d’appréhender un autre aspect de cet univers artistique.
Enfin, l’exposition invite à porter un regard renouvelé sur la modernité de Zurbarán : derrière l’apparente simplicité de ses compositions se révèle une peinture d’une grande sophistication, fondée sur les rapports entre lumière, couleur, volume et matière. La confrontation des œuvres permet ainsi de mieux comprendre ce qui a fasciné les artistes modernes, de Manet à Picasso et Juan Gris, et de mesurer la persistance de son influence.
Votre conférencière :
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et créatrice de contenus culturels. Elle est une collaboratrice régulière des revues Perspective de l’INHA, Beaux Arts Magazine et La Revue de l’art. Des séjours de longue durée à l'étranger (Milan et New York) lui ont permis de tisser des liens singuliers avec ces villes et leur culture. Elle a notamment travaillé au MAD Museum (Art et Design) et au New Museum de New York.
Les dates à retenir :
1598 : naissance de Francisco de Zurbarán à Fuente de Cantos, en Estrémadure.
1614 : début de son apprentissage à Séville, auprès de Pedro Díaz de Villanueva.
1626 : première grande commande pour les dominicains de San Pablo el Real à Séville, qui lance sa carrière sévillane.
1627 : réalisation du Christ en Croix, première œuvre signée conservée.
1630 : il reçoit le titre de « maestro pintor » de la ville de Séville et s’installe durablement à la tête d’un atelier.
1634 : séjour à Madrid, où il participe au décor du Salon des Royaumes du palais du Buen Retiro.
1638-1639 : importantes commandes pour la Chartreuse de Jerez de la Frontera et le monastère de Guadalupe, parmi les grands ensembles religieux de sa carrière.
1649 : l’épidémie de peste qui frappe Séville entraîne la mort de son fils Juan de Zurbarán, son fils et collaborateur, également peintre.
1658 : nouveau séjour à Madrid, dans un contexte où sa carrière évolue et où il cherche à se rapprocher de la cour.
1664 : rédaction de son testament et mort à Madrid le 27 août, à l’âge de 65 ans.
À lire pour aller plus loin :
Zurbarán, 1598-1664, Charlotte Chastel-Rousseau (dir.), Musée du Louvre / Éditions du Seuil, Paris, 2026.
Zurbarán. Réinventer un chef-d’œuvre, Ludmila Virassamynaïken (dir.), Éditions El Viso / Musée des Beaux-Arts de Lyon, Madrid/Lyon, 2024.
Zurbarán. Un nouveau regard, Fundación Colección Museo Thyssen-Bornemisza (dir.), Madrid, 2015.
Peinture espagnole, 1665-1920, Emma Hansen et Ruth Dangelmaier, Éditions Place des Victoires, Paris, 2019.
L’Art espagnol, Véronique Gerard-Powell (dir.), Flammarion, Paris, 2010.
L’Art espagnol aux siècles d’or, Joan Sureda, Hazan, Paris, 2006.
Zurbarán. A New Perspective, Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid 2015.
Collection Alicia Koplowitz, De Zurbarán à Rothko, Musée Jacquemart-André, Paris, 2017.