L’urbanisation coloniale française : Alger, terrain d'expérimentation architecturale

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01_Histoire

L’urbanisation demeure encore aujourd’hui un aspect peu connu de la colonisation française. Elle constitue pourtant un enjeu essentiel puisque ce sont très majoritairement dans les villes existantes que s’installent les nouveaux colons. L’un des traits originaux de cette implantation réside dans le fait que dans un certain nombre de cas, la puissance coloniale a voulu faire de ces villes un véritable laboratoire urbanistique mêlant modernité, manifeste architectural mais aussi ségrégation sociale envers les populations autochtones. Les nombreuses traces y sont, de nos jours, encore très visibles.

Trois types de villes illustreront ce cycle de conférences historiques : Casablanca et Rabat ; Alger ; Hanoï. Il s’agit d’explorer l’immensité et la diversité de l’empire colonial français. Elles seront toutes articulées autour de trois axes : la colonisation du pays ; les projets urbains ; les réalisations architecturales manifestes encore visibles aujourd’hui. Une dernière conférence portera sur les expositions coloniales, en particulier celle de 1931 qui sera aussi la dernière pour la France.

Jusqu’en 1962, l’Algérie apparaît comme la pièce maitresse de l’empire colonial français. À ce titre, Alger constitue le principal terrain d'expérimentation architecturale et urbaine de l'Afrique du Nord française. Contrairement au Maroc où la ville traditionnelle a été préservée, l’ancien Alger fait l’objet de nombreuses destructions pour laisser la place à la ville moderne, entrainant ainsi des métamorphoses radicales. L'étude de l'urbanisme ainsi que de l'architecture en Algérie durant la période coloniale (1830-1962) est particulièrement riche. Elle met en lumière la confrontation entre les structures traditionnelles (la Casbah d'Alger) et l'implantation de modèles européens successifs (haussmannien, hygiéniste, puis moderniste), avec les avant-gardes portées par Le Corbusier et par Fernand Pouillon. Avec Alger, il s’agit également d’entrer dans un imaginaire urbain qui a été gravé notamment par le cinéma et par certains peintres comme Eugène Delacroix et Henri Matisse.


Votre conférencier :

Thibault Tellier est professeur des universités à Sciences Po Rennes. Il a notamment publié Le temps des HLM. La saga urbaine des Trente glorieuses aux éditions Autrement, une Histoire de la banlieue chez Perrin ainsi que L’enfant de La Courneuve. Récit urbain d’une émotion nationale. 


À lire pour aller plus loin :

Saïd Almi, Urbanisme et colonisation : Présence française en Algérie, Mardaga, 2002.

Jean-Louis Cohen, Monique Eleb, Alger : Paysages urbains et architectures, 1800-2000, Les Éditions de l'Imprimeur, 2003.

Jean-Jacques Deluz, L'urbanisme et l'architecture d'Alger. Aperçu critique, Mardaga, 1988.

Jean-Jacques Jordi, Jean-Louis Planche (dir.), Alger 1860-1939 : Le modèle ambigu du triomphe colonial, Autrement, 1999.


lundi 14 septembre 2026 à 10:00

Thibault Tellier

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